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Nouveau trail des neiges en Rhônes-Alpes : La Saintelyon 2010
Plusieurs questions se posaient pour ma participationà ce plus ancien trail de France qui doit être aussi le 2ème en nombre de participants.
D’abord Manu J et Damien P ont tous 2 fait des temps incroyables notamment l’an passé (me le rappelant bien entendu pour ce dernier par texto juste avant la course. lol) et puis les conditions de neige se rajoutant à la principale difficulté qu’est la gestion de la nuit, je voyais bien que ça allait être dur pour moi de briller ici.
La pression je me la suis mise aussi tout seul en prenant un billet de train pour Angers avec départ à 9h26 que j’ai choisi nonchalamment de ne pas changer. Il se murmure que les conditions de course vont augmenter de 2 heures le temps des coureurs. Comme j’avais prévu 7h, ça fait désormais 9h, si je n’ai pas de problème. Soit bien tendu pour avoir le train.
A l’arrivée sur place, je rencontre le président du triathlon Laval et son bras droit et nous passons ensemble les qqs heures dans le hall impressionnant et c’est sans doute déjà l’un des très bons moments de cette course.
Pasta party, duvet fourré aux coureurs de tous poils, amateurs en short et sans guêtres, champions multivitaminés et la nuit qui avance pour sonner l’heure dite.
Dawa Sherpa est là. Il présente son livre. Il est ovationné.
Dawa avec son accent qui rappelle des pays où la Saintelyon est une petite promenade de santé nous conseille de bien gérer notre équipement pour n’avoir ni trop chaud, ni trop froid mais en tout état de cause jouer la prudence.
C’est ce que je vais faire en partant tranquille sur les routes sans âmes de Saint Etienne. La course la nuit à l’avantage de ne pas gêner la circulation mais aussi de n’avoir pas de spectateurs ou alors qqs somnanbules errants, enroulés dans leurs belles couvertures marron cassé.
Je n’ai pas froid et ce sera valable tout au long de la course au final.
Sur les ravitaillements, je m’attarde peu. Je prends essentiellement du salé (pains et biscuits apéritifs). J’apprécie d’autant plus ces derniers que j’avais tenté de m’en priver ces derniers temps. C’est noël donc !
Les 2 premières heures passent très vite. C’est en abordant les hauteurs de Saint Etienne, que tout devient magique. Le filet étiré de lumière (malheureusement trop étiré aussi devant moi) comme une cicatrice sur les champs de neige. On aperçoit en contrebas les constellations de l’éclairage public des villes.
On avance quand même difficilement dans la neige même si la première partie de la course, est plutôt poudreuse contrairement à la seconde qui couche fine et dure, verglacée toujours à l’endroit où l’on ne s’y attend pas.
Tout va bien, me dis-je alors vers le km 35. Tiens ça sent le sang. Ah c’est mon nez. J’en ai plein les mains. J’en profite pour essayer d’effrayer quelques compagnons de course pour qu’il voit ce qu’il en coûte de finir la Saintelyon.
Il ne reste plus que 25 km. Un gros semi, je suis à 5h15 de course et je me dis que finalement je devrai arriver aux alentours de 8h de quoi prendre une douche peinard, manger, apprécier le fait de ne plus courir et puis prendre mon train.
Regain d’énergie. Je m’attache à ne jamais marcher y compris dans les montées. J’ai toujours l’impression de doubler pas mal de gens (mais je constate toujours dépité qu’au regard des temps officiel c’était d’une grande lucidité).
A la sortie d’un ravito pourtant un groupe de cinquante coureurs partent bien chaud pour une longue descente. D’en haut, on leur cri, « eh les gars, vous vous êtes trompés de chemin ». Ils font « grrr, argghh »… Surmotivation, je me vois déjà en train d’écrire un SMS de fanfaron à Damien…
On voit régulièrement des coureurs effectuer des figurent à la Brian Joubert qui se terminent dans la position que vous imaginez. Ca semble assez douloureux et aussi un peu vexant. Je me réjouis d’y échapper, sauf qu’un type genre beau-papa de David Douillet me tâcle littéralement. Je lui dis que ce n’est pas grave, parce que comme dit avant il m’inspire la pondération.
Enfin des portions de routes un peu dégagées qui descendent lentement vers le dernier ravitaillement, à 9 kms de l’arrivée. Il faut tenir. Les jambes font mal mais je vois nettement qu’il y a pire que moi. Vous me direz que je ne peux pas voir ceux qui ont moins mal puisqu’ils sont probablement déjà arrivé.
Il me tarde de voir le dernier ravitaillement, non pas pour m’y attarder, d’ailleurs je ne m’y arrête pas mais pour avoir un repère.
Je commence à avoir envie de dormir. Il est 7h et je rêve de tartines et couette avec ma chérie. Justement, Virginie, avant mon départ à glisser dans mon sac une barre magique « isostar ». Je l’avale et tel Popeye, je pars pour 5 km à 14 km/h de moyenne je pense. Je dois bien doubler une cinquantaine de coureurs dont je sens les regards plaintifs. Je mémorise le nom de cette barre géniale mais en bas, le long des quais du Rhône, vent de face, quai plat et verglacé. Je comprends que les bonnes sensations étaient liées au vent dans le dos, à la descente et au bitume propre.
Quai sans fin. Où est le stade ? Y a-t-il un raccourci ? Où sont les spectateurs ? Où est ma couette ?
Je commence à m’endormir. Je prends donc la précaution de m’écarter du bord de l’eau, d’ailleurs largement houleuse tant le vent est fort.
Et finalement, arrivée dans un petit palais des sports avec des barrières, des cartons partout. Pour tout dire, je pensais arriver sur la piste du stade de Gerland, je suis un peu déçu.
Je regrette aussi que Virginie et nos enfants ne soient pas là. Je pense à eux.
Pour compenser, je m’enfile 2 bières coup sur coup.
8h12. Je vais avoir mon train. Je me dis pas mal mais…
Quoi 722ème ? Là encore un peu déçu par ce temps. Légère déception largement compensé par un we très riche que nous aurons peut-être l’occasion de partager une prochaine fois en famille !